Historique

Clairvivre, première cité sanitaire française, a été créée entre 1930 et 1933, par la Fédération Nationale des Blessés du Poumon et Chirurgicaux (F.N.B.P.C.) à l’instigation de son secrétaire général, Albert Delsuc, et à l’aide d’une subvention de 60 millions de francs votée à l’unanimité par le Parlement.

Le but de cette cité sanitaire était de traiter les tuberculeux hors des structures hospitalières, des sanatoriums sans les isoler de leur famille et de leur permettre de reprendre une vie normale en travaillant à un rythme compatible avec leur état de santé, cependant qu’était assurée une surveillance médicale constante.

Les structures de Clairvivre étaient les suivantes :

  • Un bâtiment de 200 chambres, réservé aux tuberculeux célibataires et aux visiteurs,
  • 175 pavillons, soit 340 logements destinés aux tuberculeux et à leur famille,
  • Un hôpital avec dispensaire et service social,
  • Tous les aménagements nécessaires à la vie normale d’une petite ville (adduction d’eau, station d’épuration, centrale électrique, routes, réseaux d’égouts, abattoirs, salle de spectacles, garderie d’enfants, écoles, magasins généraux assurant tous les commerces).

La totalité de ces bâtiments existe encore actuellement, mais certains ont changé d’affectation.

Les tuberculeux, aptes au travail, assuraient les services d’entretien divers, le fonctionnement d’une ferme, ainsi que le travail de l’imprimerie, et dès 1951, pouvaient apprendre un métier dans le cadre d’un foyer de postcure avec quelques sections de rééducation professionnelle.

La gestion de la Cité fut confiée à la Société « La Maison des Blessés du Poumon » (S.M.B.P.), dont l’administrateur était le fondateur, Albert Delsuc.

Compte tenu de la disparition des blessés du poumon de la guerre de 1914-1918, l’établissement se transforma progressivement en un sanatorium classique.

En 1937, Clairvivre, tout en continuant à fonctionner comme un sanatorium, accueillait les blessés Espagnols.

En 1939 et 1940, les Hospices Civils de STRASBOURG et des réfugiés Alsaciens-Lorrains se repliaient sur Clairvivre, qu’ils quittèrent début 1945.

A partir de 1966, la S.M.B.P. créa un Centre d’Aide par le Travail de quelques places, destiné à accueillir des personnes handicapées adultes et à leur fournir une activité salariée ainsi qu’un hébergement et des soins que nécessitait leur état.

Progressivement, le Centre de Rééducation Professionnelle et le Centre d’Aide par le Travail s’agrandirent au détriment du sanatorium, pour accueillir des personnes handicapées physiques de toute nature.

Le sanatorium sera d’ailleurs fermé définitivement en Avril 1980.

La S.M.B.P., connaissant d’importantes difficultés pour la gestion de Clairvivre, l’établissement fut érigé en établissement public départemental, le 1er Avril 1980.